jeudi jeu 5 février 2026

Concours Rilke

Nos élèves germanistes distingués par l’Institut Goethe

Félicitations à nos élèves germanistes de Terminale Générale et Technologique, qui ont brillamment remporté le 2ᵉ prix dans la catégorie Lycée « Réécrire un poème » du concours créatif organisé par le prestigieux Institut Goethe.

Ce concours national, lancé en septembre 2025, s’inscrivait dans le cadre des célébrations du 150ᵉ anniversaire de la naissance et du 100ᵉ anniversaire de la mort du poète Rainer Maria Rilke. Il a rassemblé 222 classes venues de toute la France, témoignant de l’enthousiasme et de la créativité des élèves autour de la langue et de la culture allemandes. Les productions devaient être remises avant le 16 janvier 2026, et la cérémonie de remise des prix, organisée en ligne, s’est tenue le 2 février 2026.

Le concours proposait deux catégories — collège et lycée — et cinq thématiques créatives : black out poetry, réécriture de poème, bande dessinée, pièce de théâtre et mise en musique. Nos élèves ont choisi de relever le défi exigeant de la réécriture poétique, en revisitant un texte emblématique de Rilke.

Rainer Maria Rilke, une figure majeure de la poésie moderne

Né en 1875 à Prague et mort en 1926, Rainer Maria Rilke est l’un des plus grands poètes de langue allemande. Sa vie nomade, marquée notamment par des séjours à Paris où il fut le secrétaire du sculpteur Auguste Rodin, a profondément influencé son œuvre. Sa poésie lyrique, nourrie par la pensée de Nietzsche et les arts visuels, explore avec une intensité remarquable les thèmes de la solitude, de la mort et de l’intériorité humaine, entre mysticisme et observation lucide du monde.

Une réécriture inspirée de Der Panther

Le travail de nos élèves s’appuie sur la réécriture du poème « Der Panther », extrait du recueil Neue Gedichte (Nouveaux Poèmes), œuvre majeure de Rilke. Ce poème marque une étape décisive dans son écriture, correspondant à l’émergence des Dinggedichte (« poèmes-choses »), caractérisés par une description précise et profondément symbolique des objets, des animaux ou des œuvres d’art. Inspiré par l’univers sculptural de Rodin et par la vie parisienne, Der Panther offre une vision saisissante de l’enfermement et de la condition humaine.

Par leur réécriture sensible et créative, nos élèves ont su s’approprier cet héritage littéraire exigeant tout en lui donnant une voix nouvelle, personnelle et contemporaine — une réussite saluée par le jury du concours.

Un concours porté par l’Institut Goethe

Organisateur de l’événement, l’Institut Goethe œuvre à la promotion de la langue et de la culture allemandes et au développement des échanges culturels internationaux.

Cette distinction constitue une très belle reconnaissance du travail, de l’engagement et de la créativité de nos élèves, ainsi que de la vitalité de l’enseignement des langues au sein de l’établissement.

 

Bravo aux élèves pour ce succès pleinement mérité !
Et merci à F. POLONI, leur professeur d’Allemand, qui les a soutenus dans ce projet.

Der Panther

Im Jardin des Plantes, Paris

 

Sein Blick ist vom Vorübergehn der Stäbe

so müd geworden, daß er nichts mehr hält.

Ihm ist, als ob es tausend Stäbe gäbe

und hinter tausend Stäben keine Welt.

 

Der weiche Gang geschmeidig starker Schritte,

der sich im allerkleinsten Kreise dreht,

ist wie ein Tanz von Kraft um eine Mitte,

in der betäubt ein großer Wille steht.

 

Nur manchmal schiebt der Vorhang der Pupille

sich lautlos auf –. Dann geht ein Bild hinein,

geht durch der Glieder angespannte Stille –

und hört im Herzen auf zu sein.

 

Rainer Maria Rilke, 1903

La panthère
(Jardin des plantes, Paris)

Son regard du retour éternel des barreaux
s’est tellement lassé qu’il ne saisit plus rien.
Il ne lui semble voir que barreaux par milliers
et derrière mille barreaux, plus de monde.

La molle marche des pas flexibles et forts
qui tourne dans le cercle le plus exigu
paraît une danse de force autour d’un centre
où dort dans la torpeur un immense vouloir.

Quelquefois seulement le rideau des pupilles
sans bruit se lève. Alors une image y pénètre,
court à travers le silence tendu des membres –
et dans le cœur s’interrompt d’être.

Rainer Maria Rilke
Traduction de Claude Vigée

Das unendliche Karussell

 

Ich bin der Panther.

Ich gehe im Kreis.

Ich sehe Gitter,

Gitter, Gitter überall.

 

Ich war der Schatten, im grünen Licht.

Mein Lauf war schnell, man sah mich nicht.

Der Wind im Wald, das weiche Gras.

Ich weiß noch, was ich dort vergaß.

 

Ich bin allein.

Ich tanze in einer leeren Welt

Und meine Augen sind gelangweilt.

Ich bin müde,

Meine Stärke fehlt.

 

Mein Kopf fällt und ich bin nicht mehr glücklich.

Menschen sehen dieses Schauspiel täglich,

Aber sie sind fröhlich,

Also ist es natürlich nicht traurig.

 

Dieses Leben ist nicht mehr glücklich

Und wir müssen stoppen dieses Schauspiel.

Tiere sind kein Spielzeug,

Tiere sind lebendig.

 

Die Deutschlernenden der Terminale Générale et Technologique, Lycée Carcado-Saisseval

Le manège infini

 

Je suis la panthère.
Je marche en rond.
Je vois des grilles,
Des grilles, des grilles partout.

 

J’étais l’ombre, dans la lumière verte.
Ma course était rapide, on ne me voyait pas.
Le vent dans la forêt, l’herbe douce.
Je sais encore ce que j’y ai oublié.

 

Je suis seul.
Je danse dans un monde vide
Et mes yeux sont las.
Je suis fatigué,
Ma force me manque.

 

Ma tête tombe et je ne suis plus heureux.
Les hommes voient ce spectacle chaque jour,
Mais ils sont joyeux,
Donc ce n’est naturellement pas triste.

 

Cette vie n’est plus heureuse
Et nous devons arrêter ce spectacle.
Les animaux ne sont pas des jouets,
Les animaux sont vivants.

BALI Deepti

CAMBRAY Beatrix

HAMDAOUI Ibrahim

MANGENOT Charleen

MEDARD Greta

MEZAIR Aymane

PARY–DOMINGUES Charlotte

RAVIT Manon

TJAMAG TJAMAG Ashley

TUHAI Violetta