La parole, l'écriture, conte l'angoisse

Après les événements dramatiques du 13 novembre 2015, pour exprimer leurs sentiments, les élèves ont spontanément pris leur stylo ou leur clavier, d'autres leurs feutres ou leurs crayons de couleurs, d'autres encore leur guitare ou leur piano.
Pauline et Frédéric partagent avec nous.

Pauline - Term ST2S  :

C’est avec beaucoup d’émotion, que j’ai pris ma plume aujourd’hui  pour écrire ces quelques lignes au lendemain de ces terribles événements, qui ont blessé dans la nuit du vendredi 13 novembre 2015 une Nation entière. Il n y’a pas de justification au terrorisme, il n’y a pas non plus de mot pour définir leurs actes, il n’y a pas de raison véritable qui puisse justifier de telles atrocités. En revanche il y’a un peuple Français solidaire, encore debout,  qui doit, malgré l’adversité, cultiver cette valeur de tolérance, même si ces agissements fanatiques, au nom d’une religion qu’ils salissent, en tuant des centaines d’innocents nous révulsent, ne laissons en aucun cas l’amertume nous gagner. Le mal existe et c’est par-delà l’écriture que je donne un minimum de sens à l’insupportable, et que j’exprime avec  certitude la force indéniable  de la France, qui bientôt détrônera la barbarie, pour couronner la liberté.  La parole, l’écriture, l’art en général, sont les meilleures armes contre l’angoisse.

Pauline MARSAC-MOUGENOT

 

Les larmes rouges de la « Dame de Fer »

Lorsque le soleil, rongé par l’ardoise des toits parisiens, est emporté par le courant cuivreux de l’azur
La « Dame de Fer », enceinte de lumière, enfante Paris, fière de se parer chaque nuit de sa robe d’or
Strass, paillettes éblouissent la ville libre, élancée, pleine de rêves, chassant les ombres du décor
L’axe immortel s’anime, allaitant de joie son protégé, sans voir au loin l’oiseau de mauvais augure

Elle ferme les yeux, et imagine
Un monde où sa lumière éveille un peuple rassemblé
Elle ne craint rien malgré le vent et la bruine

En ce vendredi soir, les rues charmantes fourmillent d’une foule riante dans le berceau de la capitale
Tous innocents, attablés simplement à la terrasse d’un café, profitant, seul ou à plusieurs, du moment présent
Tous innocents, emplis du même frisson au pincement d’une guitare au Bataclan
Citoyens français, ou étranger, sans arme, ne faisant que se divertir dans des lieux banals

Elle ferme les yeux, et imagine
Un monde où sa présence dans le noir rassure la jeunesse
Elle est digne

Tapis dans la pénombre, un ténébreux battement d’aile balaye sans pitié la vie dans ces arènes tristement improvisées
Dans la nuit effervescente, des fusils monstrueux au sein d’un brouillard de feu, crachent la rage
Des cœurs inoffensifs titubent, avant d’irriguer de leurs larmes vermeilles le soyeux pavage
La Ville Lumière sacrifiée s’éteint brusquement éprise d’une hémorragie insensée

Elle ferme les yeux, et imagine
Un monde où l’hymne résonne au travers du sang encore fumant
Elle se plie dans un sourd frémissement, pleurant en regardant à ses pieds les ruines

Meurtrie dans son linceul tricolore, la « Dame de Fer » se tort, face à la rougeur des bombes meurtrières
Fable inquiétante, où pères, mères, enfants, sœurs, frères, amis, femmes, maris, sont à jamais séparés
Diamants étoilant désormais le ciel infini en deuil dans une même unité
Les couleurs se mélangent sur les murs marqués pour se transformer en une cicatrice rancunière

Elle ferme les yeux, et imagine
Un monde où son éclat aveuglera la tyrannie 
Elle ne fléchira pas et restera toujours digne

La « Dame de Fer » recueil le chagrin de toute une patrie exécutée sommairement
Elle restera droite, alors que ses assaillants, aux âmes daltoniennes, voulaient la mettre à genou
Alors que les rêves s'endorment, l’on peut encore voir luire sur les vitres brisées l’espoir si précieux d’un jour meilleur malgré le courroux
La « Dame de Fer » rayonnera en hommage à ces malheureuses victimes, et pour le peuple français triomphant

Liberté, Egalité, Fraternité

Pauline MARSAC-MOUGENOT

 

 

Frédéric - BTS SP3S1 :

2015 restera dans notre histoire comme une année noire. Celle-là où par deux fois la France fut touchée dans son âme. Où Paris fut par deux fois poignardée en son cœur. La ville-lumière toute entière pleure d’un flot continu de voir tout ce sang répandu sur ses pavés.

Marianne, la République pleure, elle soufre, elle saigne, mais elle ne ploie pas. Face à l’adversité, à l’effroi, à l’horreur, elle reste droite, forte et implacable.

Devant les corps de toutes les victimes, je ne peux m’empêcher de penser que tous ces hommes et ces femmes qu’ils soient parent de, enfant de, cadre, ouvrier, artistes, artisans, magistrat, professeur, étudiant, français ou touristes, n’ont été pris pour cible pour un  seul critère :

Ils étaient là à ce moment-là.

Pour moi, ils sont devenus, bien malgré eux, les martyrs de notre bon sens et de notre art de vivre ; nos martyrs.

Abattus par des fanatiques qui osent dédier leurs crimes à un dieu qu’ils salissent, qui se réclament d’une religion dont ils déshonorent les fidèles.

Face à ces fous qui ont arrêté de penser logiquement à tel point que je me refuse à le qualifier d’être humain.

Le peuple Français tout entier sans distinction de couleur ou de religion doit se montrer soudé dans un seul corps autour de ses valeurs historiques. Avec les droits de l’Homme pour racines, la France peut trembler, peut pleurer, mais elle ne s’écroule en aucun cas.

Frédéric TRIQUET