Je m’appelle Marque, et toi ?

Regards et réflexions sur une société en cours de gadgetisation

 

 

Le 10 décembre 2015,  plus de 170 étudiants sont conviés à l’auditorium de Notre-Dame de Sion  pour participer à une réflexion autour de la question épineuse : quelle éthique aujourd’hui dans le commerce et quelle responsabilité ?

La rencontre débute avec la projection du film cartoon,  Logorama,  qui se présente comme une critique de notre société de consommation de façon ludique et originale. Dans ce décor ultra-fétichiste, que nous décrit le film oscarisé en 2010, le logo des marques serait un idéaltype d’une domination sociale librement consentie par lequel  on  capte  de  la  puissance  vis-à-vis  du  monde  qui  nous  entoure. Happés par la consommation  qui prend alors la place de la morale, où le corps devient un objet, les hommes sont en passe de se métamorphoser en robotique de la consommation compulsive. En conséquence, le possédant risque de se transformer progressivement   en possédé. D’autant plus que la société de consommation  a  besoin  de  créer  des  objets,  puis  de  les  détruire  pour  exister.  Ainsi,  le renouvellement  amplifie  l’idée  de  l’abondance  et  accroisse  un  peu  plus  la  dépendance  de l’homme pour le matériel. A cours de la rencontre, plusieurs exemples de pub sont successivement projetés et analysés afin de montrer comment cette forme de communication exponentielle fait de la naissance d’un objet, un véritable événement. En effet,   la pub laisse présager que tout est offert et utilise cruellement les faiblesses de nos sociétés attachées au tout visible. En fin de compte, l’être de notre temps finit par ressembler à l’image que lui donne de lui-même, l’ordre de ce temps, celle d’un mimétisme bâti de manière à pouvoir s’adapter aux exigences d’une feuille de route dressée à l’avance.

A la fin de cette rencontre, trois pistes de réflexions sont proposées aux jeunes. En premier, une invitation à chacun pour repérer dans son environnement familiale ou professionnel, des signes, des objets qui symbolisent l’aliénation, le conditionnement, la destruction de l’environnement ou encore, le non-respect de l’éthique sociale ?

La deuxième piste est une exhortation à se positionner face à deux choix :

D’une part, la   perspective s’un Homme-individu qui cherche la rentabilité et certes, la promotion de sa qualité de vie. Mais d’un autre côté, c’est un individu qui relègue le souci de sa valeur humaine au second plan voire au troisième plan. En face, l’homme en recherche de lui-même, avec sa valeur humaine universelle comme gage de sa qualité de vie ; un homme intérieur, créateur, conscient de sa dignité, et de ses capacités d’utiliser les richesses de la terre et d’assurer leur durabilité ; enfin, un homme ouvert à l’altérité.

Enfin une invitation à créer au fond de chacun un espace d’écoute profonde de ce qui nous lie à nous-mêmes et au monde. Une écoute qui nous permet d’entrer dans des lieux interdits par les bruits de ce monde.

Un autre rendez-vous qui reviendra sur cette problématique pesante est prévu en février.

 

Robert Eid
Chargé de la Pastorale en BTS